Tiraillé entre des volontés de modernisation et un penchant certain pour la nostalgie, Final Fantasy XIII nageait peut être en eaux troublés, et son écoulement, lui, était trop linéaire. Square Enix, loin de l’obstination, revoit donc son brillant brouillon à l’aune des exigences et des demandes des joueurs.
Normal, pour qui aura arpenté les précédentes « fantaisies finales », tant le dernier volet en date renvoyait trop souvent à une structure répétitive et bornée. Une succession d’empoignades parfois sans saveur, alignant les couloirs pendant une vingtaine d’heures sans créer d’impression de vie, sans poser de choix ou proposer de chemins annexes. Table rase, FFXIII-2 fait, en à peine 30 minutes, oublier tous ces écueils, intégrant même l’incroyable dans sa progression : des concepts de RPG occidentaux ! Noel et Serah, les 2 protagonistes de ce volet, sautent (!), discourent avec les habitants de Cocoon, se déplace très librement dans des environnement plus ouverts, plus détaillés… Mais c’est surtout dans sa propension à instaurer plus d’action, plus de temps réel, à créer de nouvelles dynamiques que cet épisode se distingue clairement de ses prédécesseurs. Les rencontres ont beau jouer de l’aléatoire, leur appréhension, en fonction d’un timing ultra précis, accorde bonus ou malus, un peu comme dans un Star Ocean.
Par ailleurs, si le système de combat, efficace, intelligent dans sa gestion du semi-temps réel, ne bouge pas d’un iota, certaines estocades donnent lieu à des cinématiques et QTE plus spectaculaires que n’importe quel précédent affrontement « fantasy-esque ».
En fait, tout tourne, dans ce FFXIII-2, autour de l’idée de densité. Il y a ici plus à faire, et surtout mieux. Comme ces séquences de puzzle à résoudre une fois notre duo passé dans le Void, une sorte de dimension parallèle, ou ces situations où le scénario demande au joueur de choisir parmi plusieurs possibilités, facilitant ou non son avancée. Alors oui, après avoir (maladroitement) pioché ses inspirations dans Call of Duty pour FFXIII-2, Square Enix lorgne désormais en direction du RPG occidental et prône une sorte de syncrétisme ludique total. Inutile cependant d’espérer autant de profondeur ou de possibilité que dans un Mass Effect.
Square Enix, ici, tâte, tente de nouvelles approches, expérimente avec le genre, sans se départir de ses fondamentaux. Car que ce soit dans sa réalisation comme dans son esthétique, sa musique J-Pop ou certains de ses choix de jouabilité (intégration d’un système d’élevage de créatures, une fois qu’on les a capturées), Final Fantasy XIII-2 demeure le rejeton d’une conception toute nippone du RPG, et ce ne sont pas quelques fonctionnalités inattendues, réponses du studio aux attentes des joueurs actuels, qui changent réellement cette donne. C’est au plus si la série ploie les codes, tend des ponts vers un public peut-être encore trop frileux.
Prévu : 1er trimestre 2012